Un changement de calcul dans le DPE dès 2027
À partir du 1er janvier 2027, le mode de calcul du Diagnostic de performance énergétique (DPE) et de l’audit énergétique va évoluer avec une modification importante : le coefficient servant à convertir l’électricité consommée en énergie primaire passera de 1,9 à 1,7. Ce nouvel abaissement, officialisé par un arrêté prévu pour le mois d’août 2026, fait suite à une précédente baisse effective depuis 2026.
Le DPE ne tient pas compte uniquement de la consommation directe d’énergie dans un logement : il applique un coefficient pour transformer l’électricité « finale » en énergie « primaire ». Jusqu’ici, chaque kilowattheure d'électricité consommé était multiplié par 1,9 pour ce calcul. Dès 2027, ce coefficient sera donc réduit à 1,7, ce qui aura une influence directe sur la notation énergétique d’un très grand nombre de logements, et tout particulièrement ceux qui utilisent en majorité l’électricité.
Quels logements seront impactés ?
Cette réforme ne concerne pas uniquement les logements chauffés à l’électricité, mais ce sont bien eux qui devraient en bénéficier le plus. Les biens équipés d’un chauffage électrique, d’un chauffe-eau électrique ou encore d’une pompe à chaleur sont les principaux concernés. Selon les statistiques officielles, près de 300 000 résidences principales pourraient quitter les classes énergétiques F et G simplement grâce à ce nouveau mode de calcul, sans qu’aucune amélioration matérielle ne soit réalisée.
Un appartement ou une maison proche des seuils de changement de classe pourrait donc gagner une ou plusieurs catégories, passant, selon les cas, de G à F ou de F à E. Inversement, la nouvelle formule ne provoquera pas de déclassement : aucun logement ne verra sa situation empirer à cause de cette seule modification.
Un classement plus favorable sans réaliser de travaux
La réforme du coefficient de conversion permet à certains logements de bénéficier d’une meilleure étiquette sur le DPE, alors que leur isolation ou leurs équipements n’ont pas été modifiés. Ce changement peut donc avoir des impacts concrets pour les propriétaires souhaitant vendre ou louer, notamment pour les biens proches des seuils limitant l’accès à la location ou la vente sous certaines conditions.
Les agents immobiliers et professionnels du secteur peuvent d’ores et déjà anticiper cette évolution. Plusieurs outils en ligne, tels que les simulateurs proposés par des réseaux de diagnostiqueurs immobiliers, permettent d’estimer la future classe énergétique d’un bien selon le nouveau coefficient à venir.
Des conséquences réglementaires sur la vente et la location
Depuis 2025, les règles concernant la location de biens classés F ou G sont devenues plus strictes : les logements classés G ne peuvent plus être loués selon la réglementation actuelle, et ce sera bientôt le cas pour les logements en F dès 2028, puis en E à partir de 2034. Or, le passage à un coefficient de 1,7 pourrait permettre à de nombreux biens aujourd’hui concernés par ces restrictions de les contourner, en changeant tout simplement de classe énergétique sur le DPE.
Le classement d’un logement, tel qu’il apparaît sur le DPE, influe aussi sur les obligations d’audit énergétique : certaines ventes, notamment celles impliquant des maisons individuelles classées E, F ou G, nécessitent la réalisation d’un audit depuis 2025. Les biens ainsi reclassés en D dès 2027 pourraient donc être exemptés de cette obligation, selon la date de la transaction.
Faut-il refaire son DPE ?
Inutile d’engager de nouvelles démarches pour mettre à jour son DPE existant. Les diagnostics réalisés avant 2027, s’ils restent valables au moment de la réforme, pourront être accompagnés d’une attestation officielle téléchargeable gratuitement auprès de l’ADEME. Cette attestation mentionnera simplement la nouvelle étiquette énergétique obtenue avec le coefficient de 1,7, sans modifier les autres informations du diagnostic initial.
Le même dispositif sera appliqué pour les audits énergétiques antérieurs à la réforme : seule la classe énergétique avant travaux et selon les différents scénarios de rénovation sera mise à jour, sans remettre en question les recommandations précédemment émises.
Anticiper la transition : conseils pour les professionnels
Pour les acteurs de l’immobilier, il est stratégique de recenser dès maintenant les biens susceptibles d’être revalorisés grâce au nouveau calcul. Un logement classé E, F ou G chauffé à l’électricité pourrait bénéficier d’une situation plus avantageuse lors de la vente ou de la location, une fois la réforme entrée en vigueur.
- Contrôler la date de validité actuelle du DPE ;
- Simuler l’impact du coefficient révisé sur la future classe énergétique ;
- Réexaminer les obligations en matière d’audit énergétique ou de décence du logement ;
- S’assurer d’afficher la nouvelle étiquette dès janvier 2027 dans les supports de commercialisation.
En se préparant à ce changement, professionnels et propriétaires pourront mieux valoriser leurs biens et anticiper les évolutions réglementaires à venir.